Manifeste de DEVENIR

L’association DEVENIR a été initialement créée au début des années 1990 avec l’intention de créer des échanges entre les architectes d’Aix-en-Provence et du Pays d’Aix. Après 10 années actives, l’association s’est essoufflée pendant quelques temps pour se réveiller en 2009, en réaction à la consultation de la ville d’Aix-en-Provence pour le plan local d’urbanisme (PLU). Depuis 2009, l’association engage une réflexion soutenue sur le développement de la ville et devient une force de propositions et de sensibilisation. 

Rapidement, l’association a ressenti le besoin de définir les objectifs et enjeux pour Aix-en-Provence et le Pays d’Aix résumé dans le texte ci-dessous. 

7 objectifs/enjeux pour Aix-en-Provence

Les 45 architectes et urbanistes de l’association Devenir militent pour que les impératifs environnementaux de notre temps, exigés par le Grenelle de l’environnement et la loi SRU, soient pleinement pris en compte dans la nouvelle politique urbaine de la ville d’Aix-en-Provence. La réduction des déplacements automobiles, la lutte contre l’étalement urbain, la protection des zones agricole et des espaces naturels, la densification des zones déjà urbanisées et l’amélioration de leur cadre de vie en sont les principaux objectifs. Ces architectes et urbanistes appellent à un renforcement des moyens de mise en œuvre d’un projet qui nécessite d’articuler les courts, moyens et longs termes. Ils entendent contribuer aux travaux d’élaboration du projet urbain et territorial aixois engagé par la municipalité.

Ces 7 intentions sont à la genèse de notre regroupement :

  1. Redéfinir la ville et la qualité de ses usages

Relire et mieux comprendre la composition et l’organisation de la ville. Identifier les quartiers, requalifier leurs micro-centralités, les liaisons entre eux, revaloriser les pratiques de proximité, reconsidérer l’importance des espaces publics.

  1. Engager une réflexion et des projets à l’échelle métropolitaine

L’image, l’avenir et l’attractivité de notre ville ne peuvent s’imaginer qu’à l’échelle de la métropole Aix-Marseille. Ce vaste territoire a besoin de visions ambitieuses en matière de transports, de développement universitaire, de fonctionnement judiciaire, d’attractivité économique, d’organisation du développement commercial, de protection des sites, qui ne pourront s’exprimer que grâce à une étroite collaboration entre les différentes entités de la métropole.

  1. Développer une véritable politique de déplacement et de transports alternatifs aux déplacements automobiles

Les déplacements automobiles sont source de nuisances inacceptables pour les aixois : pollution de l’air, bruit, embouteillages, dangerosité, déplacements laborieux au quotidien. La ville doit désormais se développer et se recomposer autour de transports collectifs efficaces, elle doit également viser à réduire les déplacements en favorisant la densité et la mixité urbaine

  1. Sanctuariser les espaces naturels et agricoles.

Protéger les terres agricoles et les espaces naturels nécessaires à l’avenir des générations futures. Valoriser les espaces naturels et mettre en œuvre une politique de soutien à l’agriculture de proximité. Encourager de nouveaux modes d’habitat moins consommateurs d’espace que celui de la maison individuelle de ces dernières années, stopper le grignotage démesuré de la « campagne ». Mettre en place une politique foncière qui limite la spéculation individuelle et l’urbanisme d’opportunité.

  1. Valoriser les paysages de la campagne aixoise

Identifier et répertorier les sites paysagers les plus remarquables. S‘appuyer sur des espaces comme l’Arc, ses affluents et les parcs publics qu’ils relient pour proposer des espaces de promenade, de loisirs, de plaisir, destinés en priorité aux espaces publics, aux pratiques sociales communes et aux transports collectifs.

  1. Adopter une véritable politique de renouvellement urbain

Construire la ville sur la ville en la structurant par ses axes de transports en commun et ses modes de déplacements doux. Promouvoir un nouvel habitat favorisant la mixité sociale et fonctionnelle et mélangeant les espaces de résidence, de travail, de commerce, d’équipement et de loisir. Retrouver des centralités urbaines et une vie de quartier à échelle humaine.

Permettre à l’architecture contemporaine de s’exprimer et de mettre pleinement au service de ses usagers ses avancées et ses progrès techniques.

Réinvestir la première couronne de la ville comme territoire de proximité d’équipements, de services d’espaces publics et de vie sociale et économique. Accepter l’idée que l’ensemble Les Milles-Duranne devienne une vraie ville.

   7. Mettre en place un lieu permanent d’exposition et de discussion des projets

Proposer à l’instar de la plupart des grandes villes en France un lieu de communication, de documentation, d’exposition, de dialogue et d’échanges sur les projets de la ville, garantissant que le projet urbain soit l’affaire de tous.

Position de DEVENIR sur la métropole

Dans le cadre de la réflexion sur le projet de la métropole Aix-Marseille, l’association DEVENIR a souhaité préciser les opportunités, les enjeux ainsi que les grands objectifs que peuvent représenter la mise en place de cette métropole.

 

 

AIX MARSEILLE METROPOLE – Les architectes et les urbanistes pour une métropole active

Le projet de métropole Aix Marseille représente une chance historique aux yeux des architectes et des urbanistes qui y vivent et y travaillent.

Nous y voyons en effet l’occasion de réaliser un vrai projet urbain à l’échelle de ce territoire, un projet élaboré sur les bases d’une étude de diagnostic, d’état des lieux, d’analyse morphologique, paysagiste, économique, sociale. D’un tel travail, l’ambition d’une politique commune d’aménagement pourra être prise en compte dans un projet cohérent, toujours en évolution et fruit d’un dialogue entre élus, professionnels publics et privés et des citoyens.

C’est aussi prendre en compte la spécificité de son territoire et de sa population (4,5 fois plus grande que l’agglomération parisienne, pour une population 3,5 moindre), constituée de villes centres, d’espaces spécialisés (habitat, commerces, activités, loisirs,) et d’espaces interstitiels ; Prendre en compte également les atouts d’un territoire enviés par tous par son climat, sa diversité paysagère, sa situation géographique en Europe et dans la Méditerranée.

Les grandes lignes de ce projet d’aménagement porteraient sur les points suivants :

  • 1 – Développer une véritable politique de déplacement et de transports alternatifs aux déplacements automobiles. Les déplacements automobiles sont source de nuisances inacceptables pour les habitants : pollution de l’air, bruit, embouteillages, dangerosité, déplacements laborieux au quotidien et épuisement des ressources naturelles. Le territoire doit désormais se développer et se recomposer autour de transports collectifs efficaces, elle doit également viser à réduire les déplacements en favorisant la densité et la mixité urbaine.            Rattraper les retards importants en matière d’équipement de transports en commun ; envisager des Transports en Commun ambitieux, audacieux (lignes RER, métro ou similaire entre les grands pôles de liaison, l’aéroport, les gares TGV, les villes principales ); offrir des transports en communs originaux, ludiques, confortables, modernes (navettes maritimes, transport aérien) ; dés maintenant réserver une voie au bus sur les autoroutes urbaines (Aix, Marignane, Aubagne). Mettre en œuvre des solutions pour réduire les déplacements par une meilleure offre de logement et une incitation à une mixité d’activités et retrouver ainsi la qualité de travailler près de chez soi. Rendre la ville aux piétons ; retrouver le plaisir de la marche à pied en ville.

  • 2 – Harmoniser les territoires pour créer des villes plus compactes et plus humaines. Cesser d’étendre inutilement les villes, préserver la campagne, ses terres agricoles, ses collines et concentrer le développement de la ville autour des centre historiques, intensifier, optimiser les espaces urbanisés, créer des espaces publics riches, harmonieux, (en s’appuyant sur les enseignements du cours Mirabeau, vieux port). Réorganiser les territoires urbanisés en introduisant de la mixité d’activités plutôt que favoriser des zones à usage unique (commerces, habitats, activités, industrie, loisirs, etc). Ne plus utiliser de méthode d’urbanisation monofonctionelle, ne plus projeter à partir de simples opportunités foncières. Mettre au cœur de la réflexion les quartiers périphériques sensibles(quartier Nord de Marseille, zones périphérique de Martigues, Salon, Aix,) dans le projet d’aménagement comme une entité forte et créatrice.

  • 3 – Promouvoir les activités économiques, proposer des espaces d’accueil structurés, équipés, en relation immédiate avec les lieux de vie (habitats, commerces). S’appuyer sur les activités du port, l’industrie de haute technologie, sur l’ingéniérie régionale, la technologie environnementale, sur la micro électronique, la recherche, etc ; les implanter en garantissant l’accessibilité et l’offre de logements correspondante. Envisager le développement de zones d’activités en mixité avec l’habitat.

  • 4 – Préserver et mettre en valeur les espaces naturels remarquables (Ste Victoire, Ste Baume, la chaine de l’Etoile, les Calanques, la mer, l’étang de Berre, etc) ; mettre en scène les « coulées vertes » (l’Arc, l’Huveaune) ; intégrer la nature au cœur des espaces urbanisés, enrichir la ville de parcs et de promenades.

 

  • 5 – Protéger les terres agricoles de qualité (Pays d’Aix, Salon, la Crau ) ; développer une agriculture de proximité, développer les projets de jardins partagés.

  • 6 – Permettre l’accès à un habitat de qualité pour tous situés au cœur des villes, dans des quartiers animés, structurés, cohérents. Inventer un nouveau mode d’habiter, s’inspirant des qualités de la maison individuelle adapté aux quartiers urbanisés ; valoriser une expression méditerranéenne de l’habitat

  • 7 – Créer un patrimoine architectural contemporain de qualité, developpant le désir de tourisme et d’accès à la culture

Une telle démarche est tout à fait réaliste. Elle nécessite simplement une réelle volonté politique pour que la métropole soit un territoire où il fait bon vivre…

Il est permis de rêver…

Aix en provence 26/09/2014

Appel pour Aix 2020

Ce texte a été produit par l’association DEVENIR en 2014, dans le cadre de la campagne pour les élections municipales d’Aix-en-Provence et en préalable à la consultation de l’ensemble des candidats sur le sujet de l’urbanisme et du développement du territoire.

Appel Aix 2020

LES ARCHITECTES ET LES URBANISTES POUR UNE MÉTROPOLE CRÉATIVE !

En 2014, l’association DEVENIR et le SYNDICAT DES ARCHITECTES des Bouches-du-Rhone ont décidé de réunir leur réflexion et d’exprimer leur position sur le projet de métropole Aix-Marseille. Ceci à fait l’objet du texte suivant qui a été diffusé aux professionnels de l’acte de bâtir et de l’aménagement du territoire, il a également été transmis lors de la conférence annuelle sur la métropole en présence de Marylise LEBRANCHU, ministre de la décentralisation et de la fonction publique.

200 architectes et urbanistes lancent un appel pour une métropole créative !


Le Syndicat des Architectes des Bouches-du-Rhône et l’association Devenir mobilisent l’ensemble des acteurs qui font aujourd’hui la ville pour que notre territoire sache saisir la chance historique qui s’offre à lui : la création de la métropole Aix-Marseille Provence.

La métropole est une chance historique pour ce territoire

Les gouvernants changent, les grands projets doivent continuer, en cohérence avec leur échelle métropolitaine. L’énergie créative de tous doit être encouragée, mobilisée, stimulée, utilisée.

L’échelle temporelle du projet urbain doit dépasser celle des élections locales. L’échelle spatiale du projet urbain doit dépasser celle des limites communales. Sinon, la situation actuelle continuera, sans vision d’ensemble, sans cohérence entre les projets d’agglomérations, sans dynamique commune, sans avenir.

Les nouvelles institutions métropolitaines devront s’articuler autour d’une direction pilote, capable de proposer un projet urbain d’ensemble cohérent auquel seront subordonnés tous les services en charge de l’aménagement du territoire. Un service de l’urbanisme qui analysera, qui programmera, mais qui sera aussi au contact proche des habitants et des professionnels, dans un rôle de conseil et d’écoute…

Le public, les écoliers, les étudiants, les enseignants, les chercheurs, les professionnels doivent être mobilisés dans une ambition partagée de création des savoirs et de laboratoire d’idées. Développons les lieux de débat, travaillant en réseau sur la question territoriale métropolitaine : ateliers urbains, ateliers de créations, expositions, colloques, séminaires de formation, lieux d’échanges qui mobiliseront le monde associatif, l’université et les professionnels, au service de la connaissance.

L’élaboration du projet urbain commun à l’échelle métropolitaine sera continue, en évolution permanente, pragmatique et ambitieuse à la fois…

1. Créons un vrai réseau moderne de transports métropolitains !

Les grandes infrastructures existantes sont une chance : à court terme, grâce à elles, des transports en commun efficaces peuvent voir le jour, tout en conservant une structure routière indispensable à l’activité économique. À plus long terme, inventons des moyens de transport nouveaux, modernes et attractifs, et concevons ce réseau de transports en lien étroit avec un développement urbain multifonctionnel.

Des modes de transports nouveaux et ambitieux…

Sachons développer des modes de transport en commun ambitieux, modernes, rapides, confortables : RER, métro automatique, tramway… à l’échelle de la métropole !

Exigeons un transport en site propre entre Aix et Marseille en moins de 30 minutes avec une cadence toutes les 10 mn au moins ! Relions Aix TGV à Aix centre et à l’aéroport de Marignane en moins d’1/4 d’heure toutes les 10 mn ! Faisons de même pour tous les grands pôles d’échanges ! Les transports en commun doivent être plus rapides que les voitures !

Dans le domaine des transports, notre territoire enregistre un retard de plus de 20 ou 30 ans. Réveillons-nous ! Et profitons des perspectives ouvertes par le Grenelle de l’environnement pour réduire la pollution et l’épuisement des ressources naturelles.

L’autoroute Aix-Marseille, l’autoroute du Littoral et l’autoroute Marseille–Aubagne sont saturées, enfumées, dangereuses ! Il nous faut impérativement, à terme, une alternative aux déplacements automobiles, source de pollution, de temps perdu, de bruit, d’encombrements, d’accidents.

Certaines infrastructures existantes offrent des panoramas spectaculaires, des perspectives de découverte du territoire métropolitain, comme le train de la côte bleue, ou l’autoroute du littoral. Inventons-en de nouvelles… Un téléphérique, un train des crêtes, un pont transbordeur ?….

Une voie réservée aux bus sur l’autoroute

Devant l’urgence, utilisons les infrastructures existantes pour créer des transports en commun en site propre rapidement et à moindres frais. Entre Marseille et Aix, entre Marseille et Aubagne, entre Martigues et Septèmes les Vallons, entre Marseille et Vitrolles, créons un bus qui aille plus vite que les voitures !

Un bus qui pourrait avoir un arrêt sur l’autoroute aux Pennes Mirabeau, à la Valentine, aux Milles… Un arrêt qui soit un pôle d’échange, pour y prendre un autre bus, un vélo, ou sa voiture garée au parc relais.

Mettre en réseau les transports existants, les compléter progressivement, centraliser et unifier leur gestion, accorder leurs horaires, sont les corollaires des transformations rapides et peu coûteuses qui peuvent être imaginées sur l’autoroute…

Routes, camions, la trame active…

La Valentine, Plan de Campagne, Les Milles, le Grand Port maritime, Eurocopter ont besoin d’un réseau routier puissant, libéré des trajets domicile / travail, pour une économie métropolitaine efficace.

Le réseau routier existe, il doit être préservé, complété, et soulagé par les transports en commun, il doit être dissocié de la vie quotidienne des habitants à pied…

Des bateaux-navettes rapides en mer et sur l’Étang de Berre

La rade de Marseille et l’Étang de Berre sont navigables, avec des rives aménagées, et pourtant si peu exploités ! Nouveaux moyens de transport en commun structurants, mais aussi points de vue sublimes sur la métropole, vecteurs de qualité de la vie quotidienne et atout touristique majeur, les « batobus » peuvent constituer une offre nouvelle de transports, investissement majeur pour l’avenir.

Connectons les transports structurants avec l’habitat, l’activité, le commerce…

Les transports en commun structurants sont ceux dont la fréquence est d’environ 5 minutes, ceux qui sont les plus rapides, dont les gares ne sont pas trop proches les unes des autres. Ce sont ceux dont les gares permettent de changer facilement de moyen de transport, ceux dont les gares affichent sur un écran le temps à attendre pour le prochain passage. À côté de ces gares se trouvent des parcs relais pour les voitures, pour les motos, pour les vélos électriques et les vélos. Ces gares sont accessibles par un réseau de pistes cyclables sécurisées, déconnectées de la route, et par des cheminements piétonniers.

Le réseau routier et le réseau de transports en commun structurants doivent être pensés en interaction étroite avec le développement des centralités urbaines, qui peuvent être mixtes, accueillir du logement, de l’activité économique, des équipements, des services. Cessons de spécialiser des zones du territoire ! Rapprochons l’activité du domicile ! Créons un réseau de quartiers, mixtes, denses, vivants, accueillants, et bien desservis…

Un quartier, des logements, de l’activité, des commerces ! Un quartier, une gare !

À l’échelle du territoire métropolitain, une carte des transports structurants, superposée à celle des quartiers, à celle de l’activité et à celle du réseau routier permettrait de penser ensemble l’habitat, les déplacements, l’activité et les loisirs… Une carte lisible par tous, stimulante, vivante, liée à la vie quotidienne. Pour ne plus isoler les activités humaines, pour ne plus segmenter la réflexion et le territoire…

2. Créons un cadre de vie plus humain et harmonieux !

Les espaces publics majeurs, source d’identité collective, doivent être préservés, voire réinventés. Les espaces publics du quotidien doivent retrouver une attention aux habitants, plus humaine, plus douce, avec moins de voitures et plus de végétation. Les formes bâties doivent évoluer vers plus de compacité, plus d’inventivité, plus de qualité et de plaisir de vivre…

Créons de nouveaux espaces publics majeurs

Rendre la métropole Aix Marseille Provence attractive signifie qu’il faut offrir des espaces publics extraordinaires, magiques, rassembleurs. Le Vieux Port rendu aux piétons est une réussite. Le Cours Mirabeau est connu dans le monde entier. Et ensuite ?

Une grande digue accessible à tous ? Le fort Saint Nicolas rendu au public ? Laissons notre imagination se déployer…

Montrons plus d’attention aux espaces publics du quotidien

Rendre la métropole attractive signifie aussi qu’il faut offrir des espaces publics quotidiens de qualité. Arrêtons les rues sans fin bordées de clôtures grillagées sans vie… Arrêtons de mettre les jardins publics en prison…

Chaque équipement public doit être accompagné d’une place, d’un jardin, d’un espace de respiration dans la ville. Assurons la continuité des cheminements et supprimons les rues privatisées. Les résidences fermées ne doivent pas devenir la règle. Le vivre-ensemble doit retrouver sa force.

En retrouvant des espaces agréables pour les piétons

A l’instar des éco-cités du nord de l’Europe, la question du stationnement automobile et de son incidence sur l’espace public, doit être traitée.

Mutualisons le stationnement automobile en un réseau de parcs-silos, et supprimons l’obligation du stationnement à la parcelle.

Réduisons la largeur des rues, et retrouvons des venelles piétonnes, des placettes ombragées, des jardins publics, où les enfants peuvent jouer, les anciens s’asseoir sur un banc, les voisins se rencontrer…

Il s’agit de réduire le coût des infrastructures et de retrouver un mode de vie méditerranéen, dehors, ensemble… Il s’agit d’améliorer la qualité du quotidien, en Provence…

Développons des quartiers plus compacts et plus humains

Arrêtons l’étalement urbain ! Arrêtons de consommer nos espaces naturels et agricoles ! Arrêtons d’aménager des lotissements pavillonnaires à perte de vue !

Prenons mieux en compte les nouvelles approches de densification et de requalification urbaine et architecturale, au service de quartiers et de villes plus compacts.

Offrons des logements de qualité prenant en compte les nouvelles formes d’habiter, dans le respect du territoire, de son climat, et en mobilisant les énergies renouvelables.

Libérons notre créativité architecturale pour des quartiers modernes, socialement mixtes, joyeux et stimulants.

Au bord de la mer et sous un soleil de plomb

Les atouts naturels de notre région doivent servir la transition énergétique : la mer et l’étang de Berre sont des réservoirs thermiques presque infinis, le soleil est un radiateur gratuit.

À condition que l’urbanisation soit organisée pour en permettre l’exploitation : des boucles d’eau de mer doivent desservir les quartiers de la métropole, le dessin des voiries doit permettre une juste orientation des bâtiments, les arbres et les matériaux employés doivent nous permettre d’éviter la climatisation…

En préservant le patrimoine extraordinaire des centres historiques

Le Panier, la Canebière, la rue de la République à Marseille, le quartier Mazarin, la place des quatre dauphins, la place Albertas et la Rotonde à Aix-en-Provence sont autant de lieux qui témoignent de l’Histoire de ces villes.

L’intérêt patrimonial des centres historiques d’Aix-en-Provence, mondialement connu, contribue fortement à l’identité du territoire métropolitain et nécessite la mobilisation de savoir-faire spécifique pour conduire leur restauration, leur requalification et leur évolution. Tirons des enseignements des centres villes patrimoniaux, pour une écriture urbaine et architecturale de nouveaux projets qui s’inscrivent dans la modernité. Assurons la promotion des projets simples, modestes mais d’une réelle qualité urbaine et architecturale.

Cette démarche de politesse par rapport aux lieux sera garante de la qualité des projets et de leur pérennité à l’échelle de la rue, du quartier, de la ville et du territoire métropolitain.

Et le patrimoine du XXème siècle…

Au-delà de l’Unité d’Habitation du Corbusier, notre métropole est riche des témoignages des utopies urbaines passées, et son patrimoine architectural du XXème siècle est dense et souvent méconnu.

À Marseille, le Parc du Roy d’Espagne, le Brasilia, les Jardins de Thalassa, les immeubles de La Viste, sont autant d’immeubles spectaculaires et abstraits, face à la mer et au soleil.

À Aix-en-Provence, l’opération des 200 logements, le quartier Beisson, qui offre une composition géométrique de longues façades de pierre enserrant des jardins intérieurs, et à Martigues, Le Moulin de France, qui offre de riches espaces communs et une grande diversité de typologies de logements, témoignent de la qualité des opérations réalisées au XXème siècle.

Préservons ce patrimoine et sachons nous en inspirer !

Les quartiers nord, cœur de la métropole

Concentration de difficultés sociales, les quartiers nord de Marseille bénéficient cependant d’une position centrale dans la métropole, sur ses axes stratégiques majeurs de communication, et sont un formidable réservoir de créativité, de jeunesse et d’énergie…

Tirons parti de cette spécificité pour imaginer un grand projet de requalification humaine, urbaine et architecturale.

Les quartiers nord de Marseille, mais aussi les quartiers ouest d’Aix-en-Provence, pourraient-ils devenir de nouveaux centres urbains d’Aix-Marseille, Ville-Monde ?… Ville métissée, ville énergique, ville tolérante ?

3. Stimulons l’activité économique et universitaire !

Le Grand Port Maritime, l’industrie chimique, la microélectronique, les technologies environnementales, la médecine, le tourisme, l’université, autant d’atouts de notre territoire à développer et à rendre plus attractifs. L’aménagement du territoire doit y contribuer.

Un port international et des ports métropolitains

Le Port n’est pas mort. Pas encore !

Ancien poumon industriel et commerçant, le Grand Port Maritime de Marseille est toujours notre meilleur messager pour situer notre région à l’international ! La métropole doit donc lui offrir des cartes lui permettant de rivaliser avec ses voisins de la méditerranée et le reconnecter à son environnement immédiat.

Favoriser le fret vers le nord de l’Europe, améliorer les transports de passagers, habiter l’arrière-port. Relier, par exemple, l’aéroport passagers et le terminal des croisières par la réutilisation d’un réseau ferroviaire non exploité. Ou reproduire des chartes villes-port.

Port-de-Bouc, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Port de Corbières, Vieux-Port, Port de la Pointe Rouge, etc. Les ports de notre littoral sont nombreux et doivent être reliés. Reliés entre eux et à l’arrière-pays, par la mise-en-place d’un transport public efficace. L’accès au littoral doit être le même pour tous les habitants de la métropole.

Hier un port en déclin. Aujourd’hui des ports métropolitains et un Grand Port en reconquête.

Le tourisme crée du désir

Marseille-Provence 2013 nous l’a rappelé: le tourisme et la culture sont devenus des créateurs de désir. Ils rendent un lieu attractif et stimulant et relient notre région au monde.

Secteur majeur d’activité chez nous, le tourisme met-en-scène notre espace de vie. Un paysage à la fois urbain et monumental (MUCEM, Le Tholonet…), et à la fois naturel et spectaculaire (massif du Garlaban, de la Sainte Victoire, Parc National des Calanques…).

Aujourd’hui, le défi touristique et culturel est double: mieux accueillir en proposant une mobilité plus efficace, et mieux dessiner le territoire vécu de demain. A l’heure du marketing territorial, l’objectif est d’intégrer le tourisme à la fabrication de cadre de vie, comme activité économique et aussi dans son rapport affectif.

Explorer et exposer notre territoire, oui, et au-delà des boutiques à souvenirs…

Des quartiers créatifs et productifs, au lieu des zones d’activité !

Créons des quartiers mixtes et bien desservis, attractifs et créatifs, stimulant l’activité, plutôt que des zones d’activité monofonctionnelles et excentrées.

À proximité immédiate des pôles d’échanges multimodaux et des parcs relais, ces « quartiers actifs » doivent attirer les talents et les énergies du monde entier !

L’université Aix-Marseille, à la pointe de la connaissance

La fusion des universités d’Aix-en-Provence et de Marseille a créé un très grand ensemble universitaire et de recherche, de très haut niveau. Faisons en sorte que tous ces sites soient mieux connectés et plus visibles, plus agréables, plus attractifs.

C’est en attirant les intelligences et les talents du monde entier que la métropole Aix-Marseille-Provence pourra se développer et créer de l’activité à la hauteur de ses ambitions.

4. Tirons parti de nos richesses naturelles !

Les cours d’eau et canaux qui irriguent notre territoire doivent être aménagés et mis en valeur, des collines jusqu’à la mer : grands parcs linéaires, continuités naturelles favorisant la biodiversité, identité forte du territoire ! L’agriculture est encore une réalité forte du territoire : ne la laissons pas disparaître, transformons-la en un atout majeur de la métropole. Enfin, les massifs naturels doivent s’affirmer comme le décor grandiose, le terrain d’exploration et la réserve naturelle majeure de la métropole.

Au fil de l’eau

Les cours d’eau métropolitains, comme l’Huveaune, l’Arc, la Torse, l’Infernet constituent des continuités écologiques majeures, facteurs de biodiversité et de régulation pluviale, et peuvent devenir des espaces publics récréatifs précieux pour la vie quotidienne : l’eau et la nature accessibles à tous, pour se promener, courir, jouer, flâner…

La création de ces espaces publics nécessite une volonté affirmée, des moyens adaptés, mais leur coût est faible au regard de la valorisation foncière de leurs abords ! Traversant et reliant de vastes portions du territoire métropolitain, les cours d’eau peuvent devenir de grands parcs linéaires, reliant la mer aux collines, facteurs d’identité et de qualité de vie.

Le réseau des canaux qui, en un siècle, ont transformé l’aride Provence en une terre généreuse et accueillante, est aussi une caractéristique majeure de notre territoire. Les ouvrages du Canal de Provence et du Canal de Marseille, le Tunnel du Rove, les canaux de Martigues et de Fos, sont autant d’ouvrages d’art méconnus qui mériteraient d’être mis en valeur, modernisés, perfectionnés.

A l’heure où la ressource en eau va devenir un enjeu majeur de la mondialisation, préservons nos rivières et ne gaspillons pas notre eau si pure…

Terres d’agriculture urbaine

Les terres arables doivent être préservées et exploitées, partout sur le territoire, dans les grandes plaines de la Crau, dans les anciens domaines agricoles (les « Campagnes »), mais aussi dans les parcelles en cœur de ville dense, pour favoriser les circuits courts, pour retrouver le lien avec le sol, avec la nature nourricière…

Le territoire d’Aix Marseille Métropole est riche de ces terres arables, souvent délaissées. Redonnons-leur cohérence et rentabilité. Jardins partagés, exploitations fermières de haute qualité, l’agriculture en ville…

Sainte Baume, Sainte Victoire, Calanques : nos trésors

Décor grandiose et permanent de toutes nos activités, les massifs naturels de la métropole sont aussi le lieu de pratiques et d’usages multiples : marcher, courir, grimper, voler, chasser, bronzer, observer, pique-niquer…

Préservons et mettons en valeur ce fond de scène, qu’il devienne le cœur de notre identité ! Définissons une limite nette entre la ville et la nature ! Traçons des parcours qui révèlent l’une et l’autre ! Et permettons les usages les plus riches et les plus diversifiés, dans le respect de la fragilité de cet écosystème unique…

Fait sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille Provence, le 9 octobre 2014

Valérie Décot,

Présidente du Syndicat des Architectes

des Bouches-du-Rhône

Jacques Fradin,

Président de l’association Devenir

Contact :

Syndicat des Architectes des Bouches-du-Rhône [SA13]

130 avenue du Prado 13008 Marseille | T 04 91 53 35 86 | sa13@wanadoo.fr | www.sa13.fr

Association Devenir

24, place des Martyrs de la Résistance | 13100 Aix-en-Provence | atelierdevenir@gmail.com | associationdevenir.org